comprendre

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Re: comprendre

Message par Invité le Mer 2 Sep - 19:48

Mathieu a écrit:Je ne vais pas te le demander trois fois.


Miho, je me suis décidé à lui faire un courrier. Je n'aborde pas sa maladie directement mais je l'informe que je suis tout à fait disposé à le faire.
Merci sincérement pour ton aide et ta patience.


De rien, pas de problème. ^^

La discussion a été modérée pour éviter tout risque de dérive. Je ne vois pas pourquoi des propos pareils seraient tolérés ici.

N'hésite pas à donner des nouvelles si tu le souhaites ^^

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Re: comprendre

Message par Invité le Mer 2 Sep - 23:35

Une dernière chose, Encarta, si tu repasses.

J'ai effacé ton post car il était discriminant.

Avant que tu ne hurles à la censure, écoute-moi bien.

Tu as le droit de penser que vivre à côté d'un s+ est dangereux. Tu as le droit de penser que les s+ sont des putes qu'on ne va pas plaindre parce qu'ils l'ont bien cherché. Tu as le droit d'apprendre à tes enfants que le VIH s'attrape par simple contact ou baiser baveux, même si ce n'est pas vrai; et de nous assurer la relève des phobiques et des discriminants qui se taperont des dépressions dès qu'ils rouleront une pelle, ou qui voteront des lois pour que les séropos ne voyagent pas où ils veulent. Et ne dis pas que j'exagère, j'ai toutes les raisons de penser que je fais de la prévention depuis plus longtemps que toi, et que j'ai vu un peu comment les gens réagissent.

Oui, tu as le droit de penser tout cela si cela t'arrange.

Mais.

Mais pas ici. Ce n'est pas le but de cet endroit. Ces propos ne peuvent pas être admis sur ce forum, que nous avons voulu comme un espace d'échange et de soutien, et non un lieu où l'on crache son venin et ses rancoeurs sur les malades.

Alors voilà ce que je te propose.

1. Soit tu décides de rester où tu te trouves, à décider que c'est plus intéressant de penser qu'être séropo est une faute, parce que c'est bien pratique pour se sentir propre, net et supérieur, sans jamais réfléchir sur ce que peut ressentir l'autre ou se remettre en question, tout en étant assez lâche pour ne pas lui en parler (ben oui, tu veux savoir comment, sans vouloir être celui qui va demander... je n'appelle pas ça "assumer ses positions").

2. Soit tu te bottes les fesses, tu dopes tes neurones et tu fais un effort, un vrai, pour te mettre à la place de l'autre, et poster calmement. Parce que, tant que tu ne le feras pas, tu seras incapable de piger quoi que ce soit aux ressentis des autres (enfin, dans le cas où ils sont importants à tes yeux, bien sûr). Il va de soi que cet effort est inutile à fournir si tu n'es pas attaché plus que ça à cette personne. Ca, évidemment, ça ne se commande pas.

Si tu choisis l'option n°1, effectivement, tu n'as rien à faire ici, ce forum ne peut rien t'apporter, et tu peux reprendre tes certitudes rassurantes et élever tes enfants dans la peur du séropo, histoire d'assurer la relève contre laquelle on se battra ici et ailleurs. Donc, c'est pas la peine de poster, ou alors sur un forum que ça ne perturbera pas, ça doit pouvoir se trouver.

Si tu choisis l'option n°2, je te le dis sincèrement: ce forum t'est toujours ouvert.

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réponse

Message par encarta le Jeu 3 Sep - 8:51

Non tu n'auras pas me le dire une 3ème fois.

Miho je crois que j'étais calme mais si tu dis le contraire je vais essayer de nbe pas m'énerver maintenant. Tu dis que je me mets pas à sa place et toi tu t'y mets à la mienne ? Tu apprends du jour au lendemain que quelqu'un qui conte pour toi te mens depuis plusieurs années et que tu ne la connais plus et te demande de venir t'informer ici puisque tu as décidé que si tu n'es plus digne de confiance elle non plus et qu'elle ne supporte pas ca tu le prends comment ?
Je sais comment ca s'attrape et comment ca se file. T'as jamais eu envie de faire mal à quelqu'u n parce qu'elle t'avait fait mal ? Tu t'es jamais énervé parce que t'avais peur pour quelqu'un qui conte ? parce que même si tu ne crois pas elle conte pour moi.

encarta
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Re: comprendre

Message par Invité le Jeu 3 Sep - 14:42

encarta a écrit:Non tu n'auras pas me le dire une 3ème fois.

Miho je crois que j'étais calme mais si tu dis le contraire je vais essayer de nbe pas m'énerver maintenant.

Ce n'est pas une question de calme/pas calme, c'est juste une question que tu as posté des trucs qu'on ne peut pas laisser passer ici. Type "oui, la façon dont on est contaminé fait une différence". Comme si ça comptait ou changeait quelque chose à la personne...

encarta a écrit:Tu dis que je me mets pas à sa place et toi tu t'y mets à la mienne ? Tu apprends du jour au lendemain que quelqu'un qui conte pour toi te mens depuis plusieurs années et que tu ne la connais plus et te demande de venir t'informer ici puisque tu as décidé que si tu n'es plus digne de confiance elle non plus et qu'elle ne supporte pas ca tu le prends comment ?
Je sais comment ca s'attrape et comment ca se file.

Ta phrase sur le danger qu'elle représenterait pour les enfants laissait planer un doute à ce sujet.


encarta a écrit:T'as jamais eu envie de faire mal à quelqu'u n parce qu'elle t'avait fait mal ? Tu t'es jamais énervé parce que t'avais peur pour quelqu'un qui conte ? parce que même si tu ne crois pas elle conte pour moi.

Je serais triste et déçue que cette personne ne me fasse pas confiance, je me demanderais comment et pourquoi elle a pu penser cela de moi. Je me sentirais coupable, en colère contre elle et contre moi. Je me poserais des questions sur nos liens. Sont-ils sincères et profonds? Pourquoi n'a-t-elle rien dit? Qu'est-ce qui, chez moi, lui a fait penser que je ne pouvais pas entendre ça?

Ensuite, je lui demanderais des explications. Et je ferais de mon mieux pour les écouter et les comprendre. Sinon, ça ne vaut pas la peine de les demander, autant tout laisser tomber tout de suite.

Selon les réponses, je reprendrais la relation. Ou pas. Je ne pourrais pas faire comme si de rien n'était, mais j'essaierais de construire autre chose, au lieu de ruminer une condamnation.

Si j'ai eu envie de faire du mal à quelqu'un qui m'avait fait du mal? Oui et non. Oui parce que je suis un humain, non, parce que ça ne dure pas assez longtemps pour que je mette mes plans à exécution. Au pire, je coupe les ponts, jusqu'à ce que je décide de changer d'avis. Si je change d'avis, bien sûr.

Voilà.

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re :

Message par Mathieu le Dim 13 Sep - 22:18

Bonsoir,
Je reviens ici après avoir repris contact avec ma fille. Si nos relations sont toujours distantes, nous avons discuté sérieusement. L'ennui est que tout ceci est en train de déchirer mes enfants. Je ne sais comment gérer leurs conflits.
J'ai bien conscience de ne pas être dans le sujet de ce site mais tu m'avais proposé de revenir donner des nouvelles et c'est ce que j'ai eu envie de faire.

Mathieu
Invité


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Re: comprendre

Message par Invité le Dim 13 Sep - 22:58

Mathieu a écrit:Bonsoir,
Je reviens ici après avoir repris contact avec ma fille. Si nos relations sont toujours distantes, nous avons discuté sérieusement. L'ennui est que tout ceci est en train de déchirer mes enfants. Je ne sais comment gérer leurs conflits.
J'ai bien conscience de ne pas être dans le sujet de ce site mais tu m'avais proposé de revenir donner des nouvelles et c'est ce que j'ai eu envie de faire.

Bonsoir Mathieu ^^

A partir du moment où ce dont tu parles a un rapport avec le virus, tu es dans le sujet, ne t'en fais pas pour ça ^^

Et puis les hors-sujets ne sont pas interdits, s'ils ne sont pas trollants (trollants = perturbateurs).

Je ne crois que tu puisses gérer les conflits de tes enfants. Pas s'ils sont adultes.

Je me souviens d'une phrase qu'avait eue Encarta "on vient de me faire la morale".

Si tu interviens, c'est comme cela que tes enfants le prendront. Au pire, ils se braqueront et te trouveront injuste car tu chercheras à leur imposer une chose qu'ils refusent, au mieux, ils feront semblant, mais l'harmonie ne sera qu'apparente. Et à quoi ça sert de fonder des relations sur les apparences?

Et s'ils ne peuvent/veulent pas accepter leur soeur avec la maladie, tu n'y peux rien. J'ajoute également que, si ça pète maintenant, c'est que cela serait arrivé plus tard. C'est dans ce genre de situation que l'on voit si les liens sont importants ou non.

Je comprends que cela te fasse mal, car tu as construit ta famille, tu as fait des efforts pour qu'elle tienne. Mais qu'elle tienne ou non, ce n'est pas ton entière responsabilité, c'est aussi la leur. Tu sais, passé le choc de la nouvelle, il n'y a que deux choix possibles.

Soit ils décident de comprendre et connaître réellement la maladie et ce qu'elle implique pour être solidaires.

Soit ils s'enfoncent dans l'ignorance et la haine. Ce choix-là est le plus facile et le plus confortable.

Dans les deux cas, eux seuls sont responsables de leurs choix. Et toi, tu n'es responsable que des tiens. Tu ne peux pas les forcer à être à l'écoute ou à apprendre les modes de contamination s'ils sont convaincus que leur soeur a cherché sa maladie et leur a fait prendre des risques en taisant sa sérologie.

Si tu veux conserver des relations avec ta fille, fais-le. Mais si tes autres enfants ne peuvent plus la tolérer parce qu'elle est séropo, ne leur impose pas la compagnie des uns et des autres. C'est très douloureux d'entendre des remarques style "passe la vaisselle à l'eau de Javel". Car c'est ce qu'il risque de se passer, je t'assure que je n'exagère pas.

Encore une fois, je comprends ton désarroi. C'est un équilibre qui s'écroule, et cela va prendre du temps pour en retrouver un autre. A vrai dire, je ne sais pas très bien que te conseiller. A part peut-être d'essayer d'écouter tout le monde, l'un après l'autre, et de méditer leurs raisons de se déchirer en attendant mieux. Sont-elles bonnes, sensées, réfléchies? Sont-elles louables, argumentées?

Et fais-toi un avis.

Le triste avantage dans l'affaire, c'est que tu sauras à quoi t'en tenir sur tes enfants.

Je suis navrée de ne pas être plus optimiste... même si je pense parfois qu'avec les années, des liens peuvent se renouer...

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re :

Message par Mathieu le Dim 13 Sep - 23:56

Je te remercie de ta réponse très sensée. Tes propos brassent cependant des émotions chez moi. Je ne suis pas quelqu'un qui se remet facilement en question et tu me proposes beaucoup de remises en question.

J'ai été un père strict, voire très strict et j'ai encore tendance, comme tu me le fais remarquer, à intervenir dans la vie et le comportement de mes enfants devenus adultes. Je ne veux pas, et c'est peut-être un tort, savoir à quoi m'en tenir sur eux, je les voudrais à une certaine image, avec certaines valeurs qui me tiennent à coeur et j'aime à croire que je peux encore les pousser sur cette voie.

Les contraindre à une réunion de famille était dans mon idée. Tu sembles me le déconseiller. Je ne les crois pas capables de se livrer à des commentaires blessants en ma présence mais tu me fais réfléchir sur la fausseté de la situation. J'y voyais un électrochoc, tu y vois seulement des apparences forcées. Je dois revoir ma position à nouveau.

Tu prends clairement le parti de ma fille séropositive. Je ne peux me résoudre à prendre parti pour l'un ou l'autre de mes enfants. Je ne veux pas rejeter la faute sur l'un d'eux, comme je ne veux pas les voir se déchirer, s'ignorer ou s'insulter. Pour moi, ce n'est pas un comportement acceptable entre frère et soeurs.
Tu sembles te mettre facilement à la place de ma plus jeune fille, de mon côté je ne peux ignorer les sentiments des aînés.

Je suis déjà intervenu auprès du frère et de la soeur, j'ai obtenu des promesses et des excuses. Tu penses qu'il s'agit seulement d'une apparence et de faux-semblants ?
Je ne reconnais plus mes enfants. La responsable est si facilement pointable du doigt pour eux, même ma plus jeune en est persuadée, je le pense. Je retrouve mon désir antérieur de faire comme si rien ne s'était passé, de ne plus en parler mais encore une fois, ce ne serait sans doute qu'une illusion. Et cela effacerait-il toutes ces tensions ?

Merci pour cette remise en question. Je ne puis que saluer ta "sagesse". Je te souhaite une bonne soirée.

Mathieu
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Re: comprendre

Message par Invité le Lun 14 Sep - 20:48

Mathieu a écrit: Je te remercie de ta réponse très sensée. Tes propos brassent cependant des émotions chez moi. Je ne suis pas quelqu'un qui se remet facilement en question et tu me proposes beaucoup de remises en question.

Bah fichtre, pour quelqu'un qui ne se remet pas en question, je trouve que tu ne te débrouilles pas mal ^^

Mathieu a écrit:J'ai été un père strict, voire très strict et j'ai encore tendance, comme tu me le fais remarquer, à intervenir dans la vie et le comportement de mes enfants devenus adultes. Je ne veux pas, et c'est peut-être un tort, savoir à quoi m'en tenir sur eux, je les voudrais à une certaine image, avec certaines valeurs qui me tiennent à coeur et j'aime à croire que je peux encore les pousser sur cette voie.

OK. Je respecte.

Mathieu a écrit:Les contraindre à une réunion de famille était dans mon idée. Tu sembles me le déconseiller. Je ne les crois pas capables de se livrer à des commentaires blessants en ma présence mais tu me fais réfléchir sur la fausseté de la situation. J'y voyais un électrochoc, tu y vois seulement des apparences forcées. Je dois revoir ma position à nouveau.

Avant de décider une réunion de famille, écoute ce qu'ils proposent et pensent de la situation.

Pour les propos blessants, rien ne les empêche de les tenir en-dehors de ta présence de toute façon...

Mathieu a écrit:Tu prends clairement le parti de ma fille séropositive.

Oui et non.

Disons plutôt que je réfléchis à ce qui pourrait être le moins douloureux pour elle. Si ses frères et soeurs la méprisent pour ce qu'elle est ou a fait, rien ne changera, et la maladie ne fera que conforter leurs opinions.

Faire face au VIH est très difficile. Et je crois qu'il faut agir de façon à ne pas l'enfoncer.

Je prends facilement parti, je ne le devrais pas. Mais je ne peux pas me défaire de la pensée que le plus dur est pour elle, pas pour eux. Et qu'elle s'était tue précisément pour ne pas voir ses proches réagir comme ils le font maintenant.


Mathieu a écrit:Je ne peux me résoudre à prendre parti pour l'un ou l'autre de mes enfants. Je ne veux pas rejeter la faute sur l'un d'eux, comme je ne veux pas les voir se déchirer, s'ignorer ou s'insulter. Pour moi, ce n'est pas un comportement acceptable entre frère et soeurs.
Tu sembles te mettre facilement à la place de ma plus jeune fille, de mon côté je ne peux ignorer les sentiments des aînés.

Il faut dire aussi que j'ai des mois et des mois de prévention et de lectures de séropos derrière moi. Alors, j'ai tendance à condamner très vite des personnes violentes, de quelque manière que ce soit, envers les s+ ou ceux qui ont pris des risques.

Mais que tu ne veuilles pas te diviser entre tes enfants est tout à ton honneur.


Mathieu a écrit:Je suis déjà intervenu auprès du frère et de la soeur, j'ai obtenu des promesses et des excuses. Tu penses qu'il s'agit seulement d'une apparence et de faux-semblants ?

Je n'en sais rien. S'ils étaient sincères, pourquoi les excuses ne sont pas venues d'eux-mêmes? Se sont-ils dits, à un moment "mince, mais j'ai vraiment dit des choses affreuses"?

Honnêtement, je ne suis pas optimiste sur ce point. Mais j'espère me tromper, après tout, je ne les connais pas.


Mathieu a écrit:Je ne reconnais plus mes enfants. La responsable est si facilement pointable du doigt pour eux, même ma plus jeune en est persuadée, je le pense. Je retrouve mon désir antérieur de faire comme si rien ne s'était passé, de ne plus en parler mais encore une fois, ce ne serait sans doute qu'une illusion. Et cela effacerait-il toutes ces tensions ?

Non, cela n'effacerait rien...

Mathieu a écrit:Merci pour cette remise en question. Je ne puis que saluer ta "sagesse". Je te souhaite une bonne soirée.

Boah. Sagesse...

Mathieu, ma famille a éclaté elle aussi pour un secret révélé. Celle qui le portait a été mise au banc de la famille, traitée de menteuse, de chaloupe (je te laisse imaginer le plaisant compliment finement déguisé...). Quasiment tout le monde lui a tourné le dos et l'a méprisée, a minimisé ses souffrances. Pourquoi? Parce que parler dérangeait la vie confortable de tout le monde. C'était plus simple qu'elle se taise. De ne rien savoir, de ne pas se demander comment elle allait.

Et je n'aurais jamais cru cela des gens que j'aimais. Nous en avons fait notre deuil.

Je ne suis pas plus sage ni plus débile qu'une autre, mais c'est ce genre d'expériences qui me fait penser que c'est dans ces situations-là que tu vois si les liens entre les personnes sont sincères et profonds.

Mathieu, je te souhaite de retrouver une famille paisible et unie.

Mais si tu n'y arrivais pas, ne te flagelle pas. A te lire, j'ai l'impression que tu fais ton possible pour débrouiller la crise. Et c'est courageux de vouloir voir les choses en face.

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re :

Message par Mathieu le Lun 14 Sep - 22:25

Bonsoir,
Je ne sais pas reprendre tes paroles comme tu le fais avec les miennes. Ce serait pourtant plus simple.

Je suis désolée pour ta situation de famille. Tu me dis que tu as fait ton deuil d'eux. Je ne suis pas prêt à faire le deuil d'un de mes enfants, quel qu'il soit. Je pensais leur avoir donné l'occasion de tisser des liens sincères et profonds, au moins contre moi. Aujourd'hui, je ne sais plus.

Si je décide une réunion de famille, ils y assisteront tous. Si je la leur propose ou en discute avec eux, ils me feront part de leur désir de ne pas y voir leur benjamine et elle me précisera qu'elle ne tient pas à y assister.
Ne serait-ce pas l'occasion de mettre les choses à plat ? Je ne pense pas que cela tournerait au pugilat ou aux insultes si cela se passe dans notre maison.
Ils craindraient les conséquences de telles actions.

Quand tu me dis que ma fille malade tient le rôle le plus difficile, je ne peux qu'être d'accord avec toi mais ne peux m'empêcher de me dire qu'elle n'a jamais demandé d'aide. J'ai bien entendu toutes ses raisons, sois en assurée, mais cela reste présent à mon esprit.

Je ne sais pas s'ils se sont échangés des propos affreux et je ne pense pas qu'ils s'en vanteraient auprès de moi. Je sais que mon fils aîné est très dur envers elle mais qu'elle refuse de lui parler. Je pense que ses soeurs l'ignorent, je ne sais pas ce qu'elle a fait comme pas vers elles. Je voudrais forcer une réconciliation. Je pense en être capable mais tu as raison d'en soulever le problème de sincérité.

Je dois te paraître bien traditionnaliste, voire réactionnaire avec ma vision de la famille unie. Pour ma défense, cela l'unité familiale compte aussi beaucoup pour ma femme, malade depuis peu qui tient maintenant à voir ses enfants régulièrement et a besoin d'un certain équilibre.

Penses-tu réellement que de se retrouver confrontée à ses frère et soeurs puisse être insurmontable pour ma fille séropositive ? Je sais qu'elle le fera si je le lui demande. Je la crois solide mais je ne veux pas la sacrifier pour le bien être des autres, mais je ne peux m'empêcher de me dire qu'elle est minoritaire. Elle me dit aller bien, ne pas souffrir psychologiquement (ni même physiquement). C'est aussi ce qu'elle a dit pendant 6 ans.
A ce propos, j'ai dépassé depuis un petit moment la question du "comment", cependant j'ai l'impression qu'une énorme zone d'ombre entoure la période de sa contamination. Je ne sais pas si elle est désireuse d'en parler ou non, je ne veux pas la forcer mais je ne veux pas me montrer indifférent non plus. Je sais que mes enfants se sont toujours plus facilement confiés à leur mère. J'ai conscience qu'ils ne sont plus des enfants. J'ai conscience de continuer à les terroriser mais je voudrais être en mesure de l'aider sans pour autant la blesser.
Tout ceci n'a pas grand chose avec le sujet.

J'ai tout de même une question plus pratique. Ma fille m'a dit (j'ai failli écrire "avoué", c'est encore difficile pour moi) avoir le SIDA. Je n'ai pas su lui faire part de mes interrogations sur le moment. Peut-être peux-tu me renseigner : comment cela est possible avec un traitement ? elle a contracté plusieurs maladies mais celles-ci ne semblent pas graves outre-mesure, est-ce "normal" ou le début d'une escalade ? ne devrait-elle pas changer de traitement ? en existe-t-il de nombreux ? sont-ils très différents ?
Ce mot me fait peur. Je crois qu'elle aussi a peur mais je sens qu'elle continue à tout garder pour elle. Je ne sais pas si cela changera un jour.

Je te remercie à nouveau pour tes réponses et tes éclairages ainsi que pour me pointer du doigt les choses avec lesquelles tu n'es pas d'accord. Tu me fais beaucoup réfléchir.
Bonne soirée.

Mathieu
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Re: comprendre

Message par Sia le Mar 15 Sep - 14:20

Bonjour Mathieu,

Désolée de ne être intervenue plus tôt...Changement d'ordi, perte de l'adresse du site... Bref.

Miho a fait comme à l'accoutumée un super boulot, à elle seule.

je tiens à te dire pour commencer que je trouve tes questions très constructives pour ta famille; on sent l'amour derrière tes propos. C'est ça un vrai père pour moi.



Mathieu a écrit: Je ne suis pas prêt à faire le deuil d'un de mes enfants, quel qu'il soit. Je pensais leur avoir donné l'occasion de tisser des liens sincères et profonds, au moins contre moi. Aujourd'hui, je ne sais plus.

Je ne pense pas que le moment de grosses perturbations comme celles là soient le moment opportun pour juger de la qualités des liens qui vous unissent tous.
La nouvelle est lourde à digérer. D'une part l'impression du manque de confiance parce qu'elle ne vous en a pas parlé plus tôt; d'autre, toutes les inquiètudes liées à la maladie.
Ajoutes à cela la colère, le sentiment de trahison des frères et soeurs...

Il faut laisser la pilule descendre... Il ne s'agit pas de deuil, mais de patience; là.



Si je décide une réunion de famille, ils y assisteront tous. Si je la leur propose ou en discute avec eux, ils me feront part de leur désir de ne pas y voir leur benjamine et elle me précisera qu'elle ne tient pas à y assister.
Ne serait-ce pas l'occasion de mettre les choses à plat ? Je ne pense pas que cela tournerait au pugilat ou aux insultes si cela se passe dans notre maison.
Ils craindraient les conséquences de telles actions.


A moi, ça me parait une bonne idée. Mais tu dois savoir exactement où tu veux que cette discussion aille, comment tu refuses qu'elle tourne, et ne surtout pas attendre de miracle.
Le but est de semer la graine de la compréhension, de l'acceptation, pas de forcer le processus.


Quand tu me dis que ma fille malade tient le rôle le plus difficile, je ne peux qu'être d'accord avec toi mais ne peux m'empêcher de me dire qu'elle n'a jamais demandé d'aide. J'ai bien entendu toutes ses raisons, sois en assurée, mais cela reste présent à mon esprit.

Tu me fais penser à mon père... Je dis bien mon père, pas mon papa.
Parce quel que soit notre âge, il est des moments dans la vie où l'on a besoin que notre père se conduise en papa. Tu dis être quelqu'un de strict, traditionaliste. J'imagine bien l'éducation que tu as donné à tes enfants; mais il y a un moment où la parole n'aide pas autant qu'un câlin, un regard plein d'amour et de tendresse. Un petit truc qui nous montre que notre père-papa est touché, ému; qu'il nous aime avec son coeur...
Je continue le parallèle avec mon père. Jamais je n'ai douté de son amour pour moi. J'ai toujours compris sa dureté, ses longs discours parfois enflammés emprunts de conseils multiples. Mais au moment où j'étais plus que fragile, je lui ai demandé de réagir avec son coeur, pas avec son esprit. Parce que j'avais besoin de mon papa. Pas de mon père qui analysait tout.. Je ne sais pas si je suis claire; mais ne pas demander d'aide ne veut pas dire qu'on ne galère pas. Pas du tout...


Je ne sais pas s'ils se sont échangés des propos affreux et je ne pense pas qu'ils s'en vanteraient auprès de moi. Je sais que mon fils aîné est très dur envers elle mais qu'elle refuse de lui parler. Je pense que ses soeurs l'ignorent, je ne sais pas ce qu'elle a fait comme pas vers elles. Je voudrais forcer une réconciliation. Je pense en être capable mais tu as raison d'en soulever le problème de sincérité.

La réconciliation, tu ne peux pas la forcer... Mais tu peux essayer de leur ouvrir les yeux. De leur faire comprendre que tout être humain réagi diffèremment et que ça ne fait pas de lui moins qu'un autre.
Qu'il faut tenter de comprendre plutôt que de juger. Que ta fille, leur soeur est la même qu'avant. Elle a eu peur de perdre sa famille peut être, peur de décevoir, peur d'être jugée, peur de voir ce qui est un pilier se fendiller...
On fait de belles conneries quand on a peur...
Après, il te faudra faire confiance aux valeurs inculquées à tes enfants pour qu'elles fassent le reste...


Je dois te paraître bien traditionnaliste, voire réactionnaire avec ma vision de la famille unie. Pour ma défense, cela l'unité familiale compte aussi beaucoup pour ma femme, malade depuis peu qui tient maintenant à voir ses enfants régulièrement et a besoin d'un certain équilibre.

Moi, j'aime beaucoup ça! ca compte énormément à mes yeux, et je dois avouer que mon père a fait un super boulot! J'espère que ta femme ne va pas trop mal...

Penses-tu réellement que de se retrouver confrontée à ses frère et soeurs puisse être insurmontable pour ma fille séropositive ? Je sais qu'elle le fera si je le lui demande. Je la crois solide mais je ne veux pas la sacrifier pour le bien être des autres, mais je ne peux m'empêcher de me dire qu'elle est minoritaire. Elle me dit aller bien, ne pas souffrir psychologiquement (ni même physiquement). C'est aussi ce qu'elle a dit pendant 6 ans.

Parles en avec elle. Demande lui comment elle vit la situation, si elle souhaite que ses rapports avec ses frères et soeurs s'arrangent. Il s'agit aussi de son bien être à elle; de lui rendre une place au seing d'une famille à laquelle elle appartient. positionne toi encore une fois en tant que papa soucieux du bien être de sa fille plus qu'en tant que père qui demande quelque chose à sa fille...

A ce propos, j'ai dépassé depuis un petit moment la question du "comment", cependant j'ai l'impression qu'une énorme zone d'ombre entoure la période de sa contamination. Je ne sais pas si elle est désireuse d'en parler ou non, je ne veux pas la forcer mais je ne veux pas me montrer indifférent non plus. Je sais que mes enfants se sont toujours plus facilement confiés à leur mère. J'ai conscience qu'ils ne sont plus des enfants. J'ai conscience de continuer à les terroriser mais je voudrais être en mesure de l'aider sans pour autant la blesser.
Tout ceci n'a pas grand chose avec le sujet.

Si, ça a voir...
Fais lui savoir que si elle souhaite parler, tu es là pour l'écouter. Sans la juger, sans lui donner des conseils inutiles puisque venant "après". juste l'écouter, pour partager avec elle un moment difficile de sa vie. Pour la soulager, l'épauler.


J'ai tout de même une question plus pratique. Ma fille m'a dit (j'ai failli écrire "avoué", c'est encore difficile pour moi) avoir le SIDA. Je n'ai pas su lui faire part de mes interrogations sur le moment. Peut-être peux-tu me renseigner : comment cela est possible avec un traitement ? elle a contracté plusieurs maladies mais celles-ci ne semblent pas graves outre-mesure, est-ce "normal" ou le début d'une escalade ? ne devrait-elle pas changer de traitement ? en existe-t-il de nombreux ? sont-ils très différents ?

Elle a sûrement un virologue qui la suit, lui fait ses bilans régulièrement et ajuste au besoin. assure toi déjà qu'elle ne t'a pas dit "SIDA" pour être sûre que tu voies bien ce que c'est au lieu de HIV.
Ensuite, il arrive que des moments soient plus durs que d'autres, avec leurs lots de maladies à guérir, sans que celà ne signifie "escalade".
Les traitements sont maintenant assez nombreux et se combinent bien en fonction de la souche virale, notamment. Puis, en fonction des potentielles résistances.
Alors oui, il y a un certains nombre de maladies qui sont risquées avec ce virus; mais beaucoup se guérissent bien etne signifient pas que la situation s'aggrave.


Ce mot me fait peur. Je crois qu'elle aussi a peur mais je sens qu'elle continue à tout garder pour elle. Je ne sais pas si cela changera un jour.

Je te remercie à nouveau pour tes réponses et tes éclairages ainsi que pour me pointer du doigt les choses avec lesquelles tu n'es pas d'accord. Tu me fais beaucoup réfléchir.
Bonne soirée.
[b]

J'espère t'avoir un peu aidé et ne pas être trop à côté.
Je trouve que tu as une belle réaction, on sent l'amour que tu portes à ta famille et je pense que là est l'essentiel.

Bises.


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Re: comprendre

Message par Invité le Mar 15 Sep - 22:10

Mathieu a écrit: Bonsoir,
Je ne sais pas reprendre tes paroles comme tu le fais avec les miennes. Ce serait pourtant plus simple.

Regarde les icônes en haut de tes posts. Il y en a une qui représentent des bulles de bandes-dessinées. Clique dessus, deux codes apparaissent. Entre les deux, copie-colle les phrases que tu veux citer.

Mathieu a écrit:Je suis désolée pour ta situation de famille. Tu me dis que tu as fait ton deuil d'eux. Je ne suis pas prêt à faire le deuil d'un de mes enfants, quel qu'il soit. Je pensais leur avoir donné l'occasion de tisser des liens sincères et profonds, au moins contre moi. Aujourd'hui, je ne sais plus.

Pour toi, en tant que parent, j'ai bien conscience que ce n'est pas possible. En fait, je pensais surtout à ta fille.

Mathieu a écrit:Si je décide une réunion de famille, ils y assisteront tous. Si je la leur propose ou en discute avec eux, ils me feront part de leur désir de ne pas y voir leur benjamine et elle me précisera qu'elle ne tient pas à y assister.
Ne serait-ce pas l'occasion de mettre les choses à plat ? Je ne pense pas que cela tournerait au pugilat ou aux insultes si cela se passe dans notre maison.
Ils craindraient les conséquences de telles actions.

Oui, ce serait l'occasion. Il faut tout tenter de toute façon.

Mathieu a écrit:Quand tu me dis que ma fille malade tient le rôle le plus difficile, je ne peux qu'être d'accord avec toi mais ne peux m'empêcher de me dire qu'elle n'a jamais demandé d'aide. J'ai bien entendu toutes ses raisons, sois en assurée, mais cela reste présent à mon esprit.

Oui... mais peut-être qu'elle ne demande pas parce qu'elle se sent un poids. Là encore, on ne peut savoir qu'en en parlant avec elle.

Mathieu a écrit:Je ne sais pas s'ils se sont échangés des propos affreux et je ne pense pas qu'ils s'en vanteraient auprès de moi. Je sais que mon fils aîné est très dur envers elle mais qu'elle refuse de lui parler. Je pense que ses soeurs l'ignorent, je ne sais pas ce qu'elle a fait comme pas vers elles. Je voudrais forcer une réconciliation. Je pense en être capable mais tu as raison d'en soulever le problème de sincérité.

Je dois te paraître bien traditionnaliste, voire réactionnaire avec ma vision de la famille unie. Pour ma défense, cela l'unité familiale compte aussi beaucoup pour ma femme, malade depuis peu qui tient maintenant à voir ses enfants régulièrement et a besoin d'un certain équilibre.

Non, tu ne me sembles pas réactionnaire. C'est normal et naturel de vouloir le clan qu'on a construit et entretenu autour de soi.

Mathieu a écrit:Penses-tu réellement que de se retrouver confrontée à ses frère et soeurs puisse être insurmontable pour ma fille séropositive ?

Je ne sais pas. Il faut lui en parler.

Mathieu a écrit:Je sais qu'elle le fera si je le lui demande. Je la crois solide mais je ne veux pas la sacrifier pour le bien être des autres, mais je ne peux m'empêcher de me dire qu'elle est minoritaire. Elle me dit aller bien, ne pas souffrir psychologiquement (ni même physiquement). C'est aussi ce qu'elle a dit pendant 6 ans.
A ce propos, j'ai dépassé depuis un petit moment la question du "comment", cependant j'ai l'impression qu'une énorme zone d'ombre entoure la période de sa contamination. Je ne sais pas si elle est désireuse d'en parler ou non, je ne veux pas la forcer mais je ne veux pas me montrer indifférent non plus. Je sais que mes enfants se sont toujours plus facilement confiés à leur mère. J'ai conscience qu'ils ne sont plus des enfants. J'ai conscience de continuer à les terroriser mais je voudrais être en mesure de l'aider sans pour autant la blesser.
Tout ceci n'a pas grand chose avec le sujet.

Pour savoir si elle souhaite en parler, il n'y a pas d'autre choix que de le lui demander. En lui laissant le choix de répondre ou non.

Mathieu a écrit:J'ai tout de même une question plus pratique. Ma fille m'a dit (j'ai failli écrire "avoué", c'est encore difficile pour moi) avoir le SIDA. Je n'ai pas su lui faire part de mes interrogations sur le moment. Peut-être peux-tu me renseigner : comment cela est possible avec un traitement ?

Elle a peut-être dû l'interrompre pour d'autres soucis de santé, ou la combinaison de la tri n'était peut-être plus efficace.

Mathieu a écrit:elle a contracté plusieurs maladies mais celles-ci ne semblent pas graves outre-mesure, est-ce "normal" ou le début d'une escalade ? ne devrait-elle pas changer de traitement ? en existe-t-il de nombreux ? sont-ils très différents ?
Ce mot me fait peur. Je crois qu'elle aussi a peur mais je sens qu'elle continue à tout garder pour elle. Je ne sais pas si cela changera un jour.

Sia a répondu ^^

Et pour que cela change, tu peux l'encourager à parler. L'assurer que non, elle n'est pas un boulet, que non, dire qu'on a besoin d'aide ou des autres n'est pas une preuve de faiblesse.


Mathieu a écrit:Je te remercie à nouveau pour tes réponses et tes éclairages ainsi que pour me pointer du doigt les choses avec lesquelles tu n'es pas d'accord. Tu me fais beaucoup réfléchir.
Bonne soirée.

Bah de rien, ce forum est là pour ça. hello

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re :

Message par mathieu le Mar 15 Sep - 22:14

Bonsoir Sia, merci de ta réponse qui complète celles de Miho et me donne un éclairage nouveau sur la question.

Je vais essayer de reprendre tes paroles, comme tu le fais avec les miennes mais je ne garantis pas de réussi.

Je te remercie aussi pour les compliments mais je tiens à te préciser que tous mes enfants ne partagent pas cette opinion !

Je ne pense pas que le moment de grosses perturbations comme celles là soient le moment opportun pour juger de la qualités des liens qui vous unissent tous.
La nouvelle est lourde à digérer. D'une part l'impression du manque de confiance parce qu'elle ne vous en a pas parlé plus tôt; d'autre, toutes les inquiètudes liées à la maladie.
Ajoutes à cela la colère, le sentiment de trahison des frères et soeurs...

Il faut laisser la pilule descendre... Il ne s'agit pas de deuil, mais de patience; là.
Je parlais de deuil en réponse à Miho et à son expérience personnelle. La patience m'est difficile quand je les vois s'ignorer ou s'insulter. Je ne vois chez aucun d'entre eux (sauf chez ma femme) l'inquiétude liée à la maladie, j'observe seulement du rejet pour l'un et un sentiment de trahison pour les autres.

A moi, ça me parait une bonne idée. Mais tu dois savoir exactement où tu veux que cette discussion aille, comment tu refuses qu'elle tourne, et ne surtout pas attendre de miracle.
Le but est de semer la graine de la compréhension, de l'acceptation, pas de forcer le processus.
Je pense sérieusement à rabattre les troupes dans quelques semaines. Je vais nous laisser le temps d'envisager la discussion sous l'angle que vous me conseillez.

Tu me fais penser à mon père... Je dis bien mon père, pas mon papa.
Parce quel que soit notre âge, il est des moments dans la vie où l'on a besoin que notre père se conduise en papa. Tu dis être quelqu'un de strict, traditionaliste. J'imagine bien l'éducation que tu as donné à tes enfants; mais il y a un moment où la parole n'aide pas autant qu'un câlin, un regard plein d'amour et de tendresse. Un petit truc qui nous montre que notre père-papa est touché, ému; qu'il nous aime avec son coeur...
Je continue le parallèle avec mon père. Jamais je n'ai douté de son amour pour moi. J'ai toujours compris sa dureté, ses longs discours parfois enflammés emprunts de conseils multiples. Mais au moment où j'étais plus que fragile, je lui ai demandé de réagir avec son coeur, pas avec son esprit. Parce que j'avais besoin de mon papa. Pas de mon père qui analysait tout.. Je ne sais pas si je suis claire; mais ne pas demander d'aide ne veut pas dire qu'on ne galère pas. Pas du tout...
Je crois que je comprends où tu veux en venir. Mes enfants n'ont pas tous sollicités nos démonstrations d'affection de la même façon. Mes cadettes étaient calines et c'est à elle que j'ai dispensé le plus d'affection comme un "papa" peut le faire. Mon aîné, qui rejette complétement sa plus jeune soeur, celle dont il est question ici a toujours cherché la confrontation et j'avoue l'avoir nourrie, jusqu'à la violence parfois. Ma benjamine, celle qui est malade, a reproduit ce modèle du grand frère jusqu'à un certain âge où elle a quitté le foyer familial, la région et même le pays. Elle est la seule a être partie loin, et pour cette raison, c'est peut-être d'elle que je suis la moins proche. Me comporter en "papa" avec cette grande fille, devenue femme sans moi, qui a vécu des choses que j'ignore et qu'elle garde en elle, comme elle a gardé sa séropositivité en secret, me semble difficile.
Mon coeur lui est ouvert, je pense qu'elle le sait. Le mode d'emploi nous est aussi peu familier à l'un qu'à l'autre.

Qu'il faut tenter de comprendre plutôt que de juger. Que ta fille, leur soeur est la même qu'avant. Elle a eu peur de perdre sa famille peut être, peur de décevoir, peur d'être jugée, peur de voir ce qui est un pilier se fendiller...
On fait de belles conneries quand on a peur...
Considères-tu son silence comme une erreur ?

Après, il te faudra faire confiance aux valeurs inculquées à tes enfants pour qu'elles fassent le reste...
A les entendre, à les voir agir en ce moment, je commence à douter sérieusement.

J'espère que ta femme ne va pas trop mal...
Elle va théoriquement très bien, ce qui est très déroutant. Elle a été victime récemment d'un accident cérébral. Il n'y a pas de réelles séquelles. Elle a cependant perdu une partie de son sens relationnel, émotionnel et affectif. Certaines choses ne semblent plus la toucher, d'autres l'affecter excessivement.
La situation n'est pas idéale pour elle.

Fais lui savoir que si elle souhaite parler, tu es là pour l'écouter. Sans la juger, sans lui donner des conseils inutiles puisque venant "après". juste l'écouter, pour partager avec elle un moment difficile de sa vie. Pour la soulager, l'épauler.
Je l'ai fait, du moins, j'ai essayé d'exprimer mon désir de communiquer. Je n'obtiens d'elle que les mêmes réponses qu'avant, à savoir que tout va bien, que tout est sous contrôle et que je ne dois pas m'inquiéter.
J'ai été, je le regrette, très distant après avoir appris sa maladie et j'espère que ce n'est pas la cause de sa fausse désinvolture, du fait qu'elle ne s'ouvre toujours pas.

Elle a sûrement un virologue qui la suit, lui fait ses bilans régulièrement et ajuste au besoin. assure toi déjà qu'elle ne t'a pas dit "SIDA" pour être sûre que tu voies bien ce que c'est au lieu de HIV.
Ensuite, il arrive que des moments soient plus durs que d'autres, avec leurs lots de maladies à guérir, sans que celà ne signifie "escalade".
Les traitements sont maintenant assez nombreux et se combinent bien en fonction de la souche virale, notamment. Puis, en fonction des potentielles résistances.
Alors oui, il y a un certains nombre de maladies qui sont risquées avec ce virus; mais beaucoup se guérissent bien etne signifient pas que la situation s'aggrave.
Oui, elle a bien le SIDA, j'ai obtenu cette information avec beaucoup d'insistance. Je ne suis pas rassuré par rapport à cela.
Elle a développé dans l'année écoulée, une épilepsie inexpliquée, une toxoplasmose et a de nombreux problèmes respiratoires et hépatiques. J'ai cru comprendre qu'elle prenait de nombreux antibiotiques.
Les médicaments qui composent la trithérapie ne soignent pas ces maladies, c'est bien cela ? Ils n'agissent que sur le virus ou renforcent-ils aussi les défenses immunitaires ?
Peux-tu m'expliquer ce qu'est la souche virale ?
Tu parles de combinaisons de médicaments, comment sait-on s'il s'agit de la bonne ?
Tu parles aussi d'éventuelles résistances. J'ai fait une recherche et je crois avoir compris qu'il s'agit d'une adaptation du virus aux médicaments qui deviennent alors inefficaces, ai-je bien compris ? Les résistances sont-elles inévitables (j'ai lu que le virus savait muter) ? Vont-elles jusqu'à épuisement des possibilités thérapeutiques ?

Je pose beaucoup de questions dont on trouve les réponses sur internet mais la complexité des informations scientifiques ne font que soulever chez moi qui n'y connaît pas grand chose, de nouvelles questions, aussi je me permets de vous assomer de mes interrogations.

En vous remerciant de m'accorder votre temps en répondant à des questions qui doivent vous paraître bien naïves, je vous souhaite une bonne soirée.

mathieu
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re :

Message par mathieu le Mar 15 Sep - 22:23

Bonsoir Miho, nos mails se sont croisés. Merci à toi aussi de ta réponse.
Je crois que j'ai réussi à faire des citations. Je vais appliquer ta technique.

Pour toi, en tant que parent, j'ai bien conscience que ce n'est pas possible. En fait, je pensais surtout à ta fille.
Je ne tiens pas non plus à ce que ma fille fasse deuil de sa famille, de ses frère et soeurs, de ma femme et surtout pas de moi. J'espère ne pas lui avoir donné, dans un premier temps, cette impression.

Pour savoir si elle souhaite en parler, il n'y a pas d'autre choix que de le lui demander. En lui laissant le choix de répondre ou non.
Sa réponse actuelle est claire : non, il n'y a rien à dire, il ne faut pas s'inquiéter. Mais comme tu le soulignes plus haut, je ne sais pas si elle est sincère ou si elle ne veut pas être un poids, le centre de l'attention ou nous inquiéter.

Elle a peut-être dû l'interrompre pour d'autres soucis de santé, ou la combinaison de la tri n'était peut-être plus efficace.
J'ai lu que ces traitements devaient être pris à vie, qu'il ne fallait surtout pas les interrompre. Je n'ai pas bien compris ?

Merci Miho, tu me fais toujours réfléchir ! Bonne soirée.

mathieu
Invité


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Re: comprendre

Message par Sia le Jeu 17 Sep - 4:22

mathieu a écrit:

Je parlais de deuil en réponse à Miho et à son expérience personnelle. La patience m'est difficile quand je les vois s'ignorer ou s'insulter. Je ne vois chez aucun d'entre eux (sauf chez ma femme) l'inquiétude liée à la maladie, j'observe seulement du rejet pour l'un et un sentiment de trahison pour les autres.

Au fond, le rejet comme le sentiment de trahison peuvent très bien masquer de l'inquiètude... Je ne dis pas que c'est ce qui se passe dans ta famille, mais ça peut être le cas.
Je comprends très bien que ce soit difficile de rester patient lorsque l'on voit ses enfants se déchirer là où l'on souhaiterait les voir se soutenir; mais je pense que le temps fera son oeuvre.
Si l'attachement qu'ils ont les uns pour les autres est profond et sincère; ils passeront au dessus de leurs rancoeurs.
Mais il faut du temps, et toi, tu ne dois pas oublier qu'ils sont grands et en âge de gérer leurs émotions et ressentis seuls. A mes yeux, tu es comme un trait d'union entre eux, un terrain neutre qui les aime tous, ne prend pas parti pour ou contre, mais qui souhaite que l'harmonie revienne.




Je crois que je comprends où tu veux en venir. Mes enfants n'ont pas tous sollicités nos démonstrations d'affection de la même façon. Mes cadettes étaient calines et c'est à elle que j'ai dispensé le plus d'affection comme un "papa" peut le faire. Mon aîné, qui rejette complétement sa plus jeune soeur, celle dont il est question ici a toujours cherché la confrontation et j'avoue l'avoir nourrie, jusqu'à la violence parfois. Ma benjamine, celle qui est malade, a reproduit ce modèle du grand frère jusqu'à un certain âge où elle a quitté le foyer familial, la région et même le pays. Elle est la seule a être partie loin, et pour cette raison, c'est peut-être d'elle que je suis la moins proche. Me comporter en "papa" avec cette grande fille, devenue femme sans moi, qui a vécu des choses que j'ignore et qu'elle garde en elle, comme elle a gardé sa séropositivité en secret, me semble difficile.
Mon coeur lui est ouvert, je pense qu'elle le sait. Le mode d'emploi nous est aussi peu familier à l'un qu'à l'autre.

C'est vrai qu'il est difficile de créer des liens aussi forts dans ces conditions. J'ai presqu'envie de dire qu'un mode d'emploi ça s'apprend...
Mais plus que tout, je crois que tu te dois de privilégier la parole; ne laisser aucune place au non dit; à ces silences qui ne signifient pas la même chose pour l'un que pour l'autre.
C'est comme pour leur relation frère-soeurs, ça prend du temps; et elle aussi doit avoir envie de se confier à toi, de te faire confiance, de se remettre dans sa peau de "fille"... Pas super évident quand on est adulte...


Considères-tu son silence comme une erreur ?

Certainement du fait que ma famille est très unie, partage beaucoup dans le dialogue; oui, je considère le silence comme une erreur.
maintenant, pour les problèmes très graves, qui entrainaient (dans mon esprit) une possible modification de la vision que mes parents avaient de moi, je me suis vue taire ce qui me détruisait. Pendant plus de 28 ans... Sans même vraiment réaliser que je ne leur avais jamais parlé. Mais juste...je n'y arrivais pas.
J'ai perdu du temps en terme de soutien, de soulagement, de réponse à des questions dont j'ignorais l'existence...
Pas de regrets, mais le silence au sein de la famille quand elle est le pilier; oui, je crois que c'est se priver de beaucoup.


A les entendre, à les voir agir en ce moment, je commence à douter sérieusement.

Sois patient Et si ça ne s'arrange pas, c'est de leur fait à eux en tant qu'adultes qui font un choix.

Elle va théoriquement très bien, ce qui est très déroutant. Elle a été victime récemment d'un accident cérébral. Il n'y a pas de réelles séquelles. Elle a cependant perdu une partie de son sens relationnel, émotionnel et affectif. Certaines choses ne semblent plus la toucher, d'autres l'affecter excessivement.
La situation n'est pas idéale pour elle.

Les AVC demandent souvent de la rééducation. Emotionnelle dans son cas; et avoir autour d'elle un situation aussi cahotique ne doit pas l'aider; je comprends bien..


Oui, elle a bien le SIDA, j'ai obtenu cette information avec beaucoup d'insistance. Je ne suis pas rassuré par rapport à cela.
Elle a développé dans l'année écoulée, une épilepsie inexpliquée, une toxoplasmose et a de nombreux problèmes respiratoires et hépatiques. J'ai cru comprendre qu'elle prenait de nombreux antibiotiques.

Tous ces problèmes de santé pourraient effectivement s'expliquer par sa maladie, ou par son traitement. Si elle a connu une période durant laquelle son traitement est moins efficace; c'est possible....

Les médicaments qui composent la trithérapie ne soignent pas ces maladies, c'est bien cela ? Ils n'agissent que sur le virus ou renforcent-ils aussi les défenses immunitaires ?

Les antirétroviraux ont pour but de renforcer les défenses immunitaires; plus exactement de booster les lymphocytes T4; cible favorite du virus et de faire baisser la charge virale (nombre de virus dans le sang).
Ils ne soignant pas les maladies autres. Ce sont d'autres traitements, spécifiques à chacunes des pathologies qui doivent être pris.


Peux-tu m'expliquer ce qu'est la souche virale ?

C'est un peu la carte d'identité du virus. le virus a un ADN, en le connaissant, on sait quelles sont les caractéristiques du virus dont le patient est atteint. Et de là, on sait vers quel traitement s'orienter en priorité.
Je fais en ultra simple, parce que c'est beaucoup beaucoup plus compliqué que ça (et je ne suis pas biologiste, je ne pige pas tout moi même..)


Tu parles de combinaisons de médicaments, comment sait-on s'il s'agit de la bonne ?

Réponse de breton....quand il est efficace. Un traitement efficace, c'est un traitement qui permet de voir une charge virale basse, voire indétectable et des CD4 (T4) remonter à la normale.


Tu parles aussi d'éventuelles résistances. J'ai fait une recherche et je crois avoir compris qu'il s'agit d'une adaptation du virus aux médicaments qui deviennent alors inefficaces, ai-je bien compris ? Les résistances sont-elles inévitables (j'ai lu que le virus savait muter) ? Vont-elles jusqu'à épuisement des possibilités thérapeutiques ?

Sans forcément parler de résistance, on note souvent une forme "d'adaptation" du virus au traitement. Il devient moins efficace et l'on doit alors changer la combinaison. On évite d'attendre au point où cette "adaptation" se mue en résistance.
Ce sont des évènements qui peuvent survenir plusieurs fois au cours d'une vie; mais ce n'est pas non plus tous les ans!
Mais on manque encore de recul pour savoir si la résistance est inévitable et surtout si l'on doit aller jusqu'à épuisement du panel thérapeutique.
Pour deux raisons:
- les gens qui se trouvent en échappement thérapeutique sont souvent des personnes contaminées de très longue date, qui ont dû vivre le virus à l'époque où il n'y avait quasiment aucun traitement hormis le terrible AZT. Ceux qui ont connu une trithérapie sont beaucoup moins, voire pas, en échappement thérapeutique.
- on découvre régulièrement de nouvelles molécules, de nouvelles combinaison qui permettent d'échapper à l'échappement (j'aime cette phrase...lol)


Je pose beaucoup de questions dont on trouve les réponses sur internet mais la complexité des informations scientifiques ne font que soulever chez moi qui n'y connaît pas grand chose, de nouvelles questions, aussi je me permets de vous assomer de mes interrogations.

Tu as raison de poser des questions. Ca ne me fait pas de mal non plus de replonger dans la bio et mes bouquins que j'ai tendance à oublier avec les questions de transmission.
la complexité du sujet ne me permet pas non plus de tout bien comprendre comme je le souhaiterais. Je ne peux malheureusement pas t'en dire beaucoup plus...Désolée...


En vous remerciant de m'accorder votre temps en répondant à des questions qui doivent vous paraître bien naïves, je vous souhaite une bonne soirée.
Si toutes les questions étaient aussi naïves que les tiennes, ça relèverait singulièrement le niveau! Rassures toi!

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Encore des questions

Message par Mathieu le Sam 19 Sep - 21:48

Bonjour,

Sia, peut-être pourras-tu me renseigner sur un point abordé par Miho, à savoir qu'une personne séropositive quand elle devient atteinte du sida, le reste pour toujours, même si par la suite, elle va mieux.
Miho, je ne remets absolument pas en cause tes propos. Il s'agit simplement d'un point que je ne comprends pas.
J'ai lu que les malades atteints du sida (d'ailleurs, y a-t-il un terme pour cela, s'il vous plait ?) pouvaient récupérer les défenses perdues. Cela devrait vouloir dire qu'ils ont guéri du sida, puisqu'ils deviennent atteints du sida suite à la perte de ces défenses, non ? Pourquoi ne sont-ils pas à nouveau "simplement" séropositifs ?
Je pense bien faire la distinction entre les deux termes maintenant, mais j'avoie ne pas comprendre pourquoi il n'est pas possible de guérir du sida.

Autre chose, j'ai essayé de parler des avancées de la recherche et des découvertes scientifiques (je lis beaucoup à ce sujet en ce moment) vers un hypothétique vaccin ou traitement qui permettrait d'éliminer le virus de l'organisme, avec ma fille et elle m'a semblé cynique et sarcastique sur la question. Certes, cela fait partie de son caractère mais sur ce sujet, elle était assez virulente.
Vous, avez-vous une opinion sur la question ? J'ai l'impression de l'agacer profondément avec ce sujet : elle s'est renfermée dans sa coquille après un commentaire acide. Ai-je commis une erreur en abordant la question ?

Elle a parlé un petit peu au téléphone avec ma femme et j'ai le sentiment qu'elles ont envie de se voir. Ma fille s'est cependant montrée réticente avec moi au sujet du week-end prochain. J'ai insisté. Je tiens à ce que nous clarifions les choses tous ensemble.
Mon fils aîné aussi s'est fait prier. Mes autres filles avaient prévu de venir nous rendre visite ce week-end ci. Elles auraient cependant préféré éviter la présence de leur soeur. J'ai été clair : toute la famille, ou personne. J'espère faire pour le mieux.

Mathieu
Invité


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Re: comprendre

Message par Invité le Sam 19 Sep - 23:01

Mathieu a écrit: Bonjour,

Sia, peut-être pourras-tu me renseigner sur un point abordé par Miho, à savoir qu'une personne séropositive quand elle devient atteinte du sida, le reste pour toujours, même si par la suite, elle va mieux.
Miho, je ne remets absolument pas en cause tes propos. Il s'agit simplement d'un point que je ne comprends pas.
J'ai lu que les malades atteints du sida (d'ailleurs, y a-t-il un terme pour cela, s'il vous plait ?) pouvaient récupérer les défenses perdues. Cela devrait vouloir dire qu'ils ont guéri du sida, puisqu'ils deviennent atteints du sida suite à la perte de ces défenses, non ?


Le terme Sida est purement médical. Parmi les séropos que j'ai lus, ils font la différence entre Sida déclaré et Sida non-déclaré, même s'ils sont dans une phase où la maladie est maîtrisée.

Je pense qu'on ne considère pas le Sida guéri parce qu'il peut repartir de nouveau, puisque le virus n'est jamais éliminé de l'organisme. Mais Sia, que je salue au passage, complètera certainement ma réponse à ce sujet ^^


Mathieu a écrit:Pourquoi ne sont-ils pas à nouveau "simplement" séropositifs ?
Je pense bien faire la distinction entre les deux termes maintenant, mais j'avoie ne pas comprendre pourquoi il n'est pas possible de guérir du sida.

Parce que, lorsque le Sida se déclare, la tri se prend à vie pour éviter le développement du virus.

Mathieu a écrit:Autre chose, j'ai essayé de parler des avancées de la recherche et des découvertes scientifiques (je lis beaucoup à ce sujet en ce moment) vers un hypothétique vaccin ou traitement qui permettrait d'éliminer le virus de l'organisme, avec ma fille et elle m'a semblé cynique et sarcastique sur la question. Certes, cela fait partie de son caractère mais sur ce sujet, elle était assez virulente.
Vous, avez-vous une opinion sur la question ?

Oui. J'en pense que si vaccin il y a, il concernera les les s-, pas les s+. Et que c'est absurde d'attendre un vaccin qui mettra encore des années et des années avant d'être au point. Il protègera, certes, mais ne guérira pas les séropos. En ce qui concerne le traitement, boah... quand on traîne sur le Net en étant s+, je crois qu'on se blase énormément des "ouais c'est pour bientôt" émis par des néophytes prompts à s'émerveiller de nos fantastiques progrès...

Je crois, que, lorsqu'on vit avec la maladie, on se lasse vite de ce genre de promesses. Sur des tas de forums, il vient toujours quelqu'un pour dire "ouaaaais, on a trouvé la base du début d'un commencement de vaccin, c'est trop génial, cliquez sur le lien!" Et je me dis en général: "fichtre, mais personne n'est concerné avant qu'il ne circule pour de vrai, et on a à côté des gens qui flippent ou sont contaminés, alors, qu'est-ce que ça peut faire? Est-ce que ça répond aux problèmes auxquels on fait face maintenant? Non, alors je vois pas à quoi ça sert de se réjouir tant qu'on n'a rien de concret."

On a aussi les "ouaaaaais, on a trouvé un traitement définitif, super, génial!" et puis en fait, c'est un arnaqueur qui encourage les séropos à laisser tomber leurs tris pour se faire guérir par tisanes ou imposition des mains... et je t'assure que je n'exagère pas. Là encore, la méfiance s'impose.

Le traitement définitif n'est pas pour demain.


Mathieu a écrit:J'ai l'impression de l'agacer profondément avec ce sujet : elle s'est renfermée dans sa coquille après un commentaire acide. Ai-je commis une erreur en abordant la question ?

Non, je ne crois pas.

Mais tu dis que vous avez été distants. Cela ne change pas vite si vous avez marché comme ça toute votre vie. Ne te formalise pas, le cynisme est une forme de protection et de distance quand un sujet est lourd. Moi-même j'ai tendance à ricaner et ironiser quand je parle de trucs moches, pour m'en moquer, sinon, je pleurerais... c'est une façon, bonne ou mauvaise je n'en sais rien, d'affirmer sa force.


Mathieu a écrit:Elle a parlé un petit peu au téléphone avec ma femme et j'ai le sentiment qu'elles ont envie de se voir. Ma fille s'est cependant montrée réticente avec moi au sujet du week-end prochain. J'ai insisté. Je tiens à ce que nous clarifions les choses tous ensemble.

As-tu vérifié qu'elle en a l'énergie? As-tu défini les règles pour cette réunion?

Mathieu a écrit:Mon fils aîné aussi s'est fait prier. Mes autres filles avaient prévu de venir nous rendre visite ce week-end ci. Elles auraient cependant préféré éviter la présence de leur soeur. J'ai été clair : toute la famille, ou personne. J'espère faire pour le mieux.

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re :

Message par mathieu le Dim 20 Sep - 16:44

Merci Miho pour tes éclaircissements sur un éventuel traitement définitif ou vaccin. Je n'avais en effet pas envisagé le sujet sous cet angle.
As-tu vérifié qu'elle en a l'énergie? As-tu défini les règles pour cette réunion?
Que veux-tu dire par là ?
Oui, nous avons compris qu'il ne s'agira pas de retrouvailles ordinaires et décontractées, alors nous avons décidé que chacun devra pouvoir s'exprimer et sera écouté par tous mais que nous ne voulons pas d'insultes. Nous pensons que la plus jeune devrait pouvoir commencer par expliquer ses choix et ses raisons. Ma femme trouve que cela peut ressembler à un tribunal. J'avoue m'être posé la question aussi. As-tu une opinion sur cette forme ?

mathieu
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Re: comprendre

Message par Invité le Dim 20 Sep - 22:35

mathieu a écrit:Merci Miho pour tes éclaircissements sur un éventuel traitement définitif ou vaccin. Je n'avais en effet pas envisagé le sujet sous cet angle.

De rien encore une fois ^^

mathieu a écrit:Que veux-tu dire par là ?

Si elle a repris un traitement, il la fatigue peut-être énormément. Et la situation de conflit ne doit pas l'aider à conserver son énergie. Je me demande si elle en a assez pour faire face à une réunion qui sera au mieux éprouvante, au pire violente.

mathieu a écrit: Oui, nous avons compris qu'il ne s'agira pas de retrouvailles ordinaires et décontractées, alors nous avons décidé que chacun devra pouvoir s'exprimer et sera écouté par tous mais que nous ne voulons pas d'insultes.

OK, pas d'insultes. Mais il y a tellement de propos insultants que je ne sais pas si cette interdiction sera efficace. Les mots style "tu aurais pu nous contaminer ou nos enfants", "tu es dangereuse à ton travail", "tu l'as cherché", "tu as contaminé tes amants, tu es dans l'obligation de leur dire".

mathieu a écrit:Nous pensons que la plus jeune devrait pouvoir commencer par expliquer ses choix et ses raisons. Ma femme trouve que cela peut ressembler à un tribunal. J'avoue m'être posé la question aussi. As-tu une opinion sur cette forme ?



Je crois que l'ambiance tribunal dépendra surtout de sa fratrie. Vous semblez vouloir vous ouvrir à elle avec sincérité. Mais si ses frères et soeurs ne sont pas dans le même état d'esprit que vous, ils la jugeront, cela c'est certain.

Je t'avoue qu'à ce point-là, je ne sais pas que te conseiller, Mathieu, et je le regrette, crois-moi.

Peut-être que tu peux trouver un compromis en faisant les choses petit à petit. En voyant ta fille seule d'abord avec sa mère. Et voir si une réunion familiale est possible ensuite, et comment.

Si la réunion se fait tout de suite... j'ai envie de te dire de protéger ta fille. Je ne sais pas comment. Mais soutiens-la si elle craque. Même si, comme tu le dis plus haut, elle ne demande rien. Lorsqu'on se sent fragilisé, je crois que c'est important de voir que ça compte pour quelqu'un et que ce quelqu'un ne veut pas que ça dure.

Je ne vois pas ce qu'il est possible de faire de plus.

Je t'envoie, ainsi qu'à ton épouse, tous mes encouragements.

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Message par mathieu le Lun 21 Sep - 21:09

Peut-être que tu peux trouver un compromis en faisant les choses petit à petit. En voyant ta fille seule d'abord avec sa mère. Et voir si une réunion familiale est possible ensuite, et comment.
Oui, cela me paraît être une bonne idée. Ma femme et moi iront la chercher à la gare. Nos autres enfants viendront en voiture. Nous pensons déjeuner à l'extérieur avec elle, avant de rentrer à la maison.


OK, pas d'insultes. Mais il y a tellement de propos insultants que je ne sais pas si cette interdiction sera efficace. Les mots style "tu aurais pu nous contaminer ou nos enfants", "tu es dangereuse à ton travail", "tu l'as cherché", "tu as contaminé tes amants, tu es dans l'obligation de leur dire".
Je ne pense pas qu'aucun d'entre eux ira jusque là. Nous savons tous qu'elle n'a jamais eu de rapports avec nous de nature à envisager une hypothétique transmission. J'ai lu que toutes les professions étaient ouvertes aux porteurs du virus. Nous la connaissons suffisamment pour la savoir responsable vis à vis de ses amants. Je ne pense pas non plus, qu'une personne normalement constituée cherche ou souhaite devenir malade.

Si elle a repris un traitement, il la fatigue peut-être énormément.
Pourquoi écris-tu "si elle a repris". Il me semblait avoir compris que les médicaments se prenaient à vie. Me suis-je trompé ?
J'ai aussi lu, lors de mes recherches que les médicaments pouvaient être pire que la maladie. Les sites porteurs de cette information ne m'ont pas semblé très sérieux. As-tu un avis sur le sujet ?

J'ai une autre question sur l'aspect financier de la maladie. Est-elle automatiquement considérée comme une ALD ?

Je t'avoue qu'à ce point-là, je ne sais pas que te conseiller, Mathieu, et je le regrette, crois-moi.
Tu as déjà fait beaucoup, crois-moi aussi.

mathieu
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Re: comprendre

Message par Sia le Mar 22 Sep - 1:55

Bonsoir Mathieu (et Miho, une grosse bise!)

Désolée du retard, un mal de dos carabiné m'a cloué sur place...

Bref,
Sia, peut-être pourras-tu me renseigner sur un point abordé par Miho, à savoir qu'une personne séropositive quand elle devient atteinte du sida, le reste pour toujours, même si par la suite, elle va mieux.
Miho, je ne remets absolument pas en cause tes propos. Il s'agit simplement d'un point que je ne comprends pas.
J'ai lu que les malades atteints du sida (d'ailleurs, y a-t-il un terme pour cela, s'il vous plait ?) pouvaient récupérer les défenses perdues. Cela devrait vouloir dire qu'ils ont guéri du sida, puisqu'ils deviennent atteints du sida suite à la perte de ces défenses, non ? Pourquoi ne sont-ils pas à nouveau "simplement" séropositifs ?

La séropositivité, c'est être porteur du virus. une sorte de "porteur sain". Il ne s'est pas déclaré; il est muselé.
Lorsqu'une personne passe au stade "SIDA", la maladie se déclare, et même si après ça, les défenses immunitaires peuvent remonter, la charge virale redescendre jusqu'à être indétectable, on ne peut changer le fait que la maladie s'est déclarée.

C'est surtout une question de rhétorique, pour moi...
Ca ne change pas grand chose.


Autre chose, j'ai essayé de parler des avancées de la recherche et des découvertes scientifiques (je lis beaucoup à ce sujet en ce moment) vers un hypothétique vaccin ou traitement qui permettrait d'éliminer le virus de l'organisme, avec ma fille et elle m'a semblé cynique et sarcastique sur la question. Certes, cela fait partie de son caractère mais sur ce sujet, elle était assez virulente.
Vous, avez-vous une opinion sur la question ? J'ai l'impression de l'agacer profondément avec ce sujet : elle s'est renfermée dans sa coquille après un commentaire acide. Ai-je commis une erreur en abordant la question ?

Je rejoins complètement Miho sur le sujet. Un vaccin a pour but d'éviter une maladie, il se veut préventif et je pense que les chercheurs potassent vraiment sur ce sujet
Le traitement qui éliminera le virus de l'organisme... je ne le crois pas pour demain...
J'espère me tromper; mais les avancées nous montrent que nous en sommes encore loin.
Selon moi, ce n'est pas une erreur d'en parler; mais elle refuse de mettre ses espoirs dans de l'hypothétique et c'est bien normal.
Chaque nouveauté fait espérer tous les S+ qui se retrouvent encore une fois déçus... A force, on cesse d'espérer et on vit le présent, le réel.


Pourquoi écris-tu "si elle a repris". Il me semblait avoir compris que les médicaments se prenaient à vie. Me suis-je trompé ?

Oui, normalement, on les prends à vie. Ceci dit, il arrive que des arrêts soient autorisés. C'est le médecin qui décide.
J'ai un mai,, S+ depuis plus de 20 ans, qui ne prend plus de traitement depuis 6 ans et qui reste stable. C'est une exception, mais certains supportent bien une pause de temps en temps.

J'ai aussi lu, lors de mes recherches que les médicaments pouvaient être pire que la maladie. Les sites porteurs de cette information ne m'ont pas semblé très sérieux. As-tu un avis sur le sujet ?

AAhhh nos bons vieux sites dissidents....
Mon avis, que je pense partager avec Miho, c'est qu'aujourd'hui, le seul moyen de maitriser le virus est le traitement antirétroviral.
Quelle que soit la combinaison de molécules choisie.
Le traitement est le seul et unique traitement et il fait ses preuves.
Il diminue la charge virale au point qu'elle en devient indétectable et permet aux défenses immunitaires de revenir à la normale.
En un mot, il musèle quand même efficacement ce satané virus....

Nous pensons que la plus jeune devrait pouvoir commencer par expliquer ses choix et ses raisons. Ma femme trouve que cela peut ressembler à un tribunal. J'avoue m'être posé la question aussi. As-tu une opinion sur cette forme ?

Effectivement, ça ressemble un peu à ça. Elle doit, devant toute sa famille, justifier ses choix, son comportement, ses décisions de vie.
Mon opinion; et ça n'engage que moi, je n'ai aucune certitude, est que la discussion devrait s'engager autrement.
Dire plutôt que la situation vous pèse à toi et à ta femme; que vous souhaitez voir vos enfants s'entendre et chercher ensemble les solutions qui conviendraient à chacun.

C'est un dialogue qui devrait avoir lieu, chaque intervenant au même niveau.
Lui demander d'expliquer ses choix, c'est un peu d'emblée les mettre en question.
C'est mettre d'emblée ta fille en position d'infériorité, très inconfortable.
Il faut que tous discutent de ce qui les empêche aujourd'hui de s'entendre, plutôt que ta cadette parle de sa séropositivité, du pourquoi elle ne l'a pas dit avant, de comment ceci ou celà...

J'espère t'avoir donné une piste et ne pas me tromper. Ca reste très délicat comme situation.

Comme Miho, je te souhaite le courage nécessaire à ta femme et à toi. Restez patients et zen.
Il faut, je le répète, du temps pour digérer les grosses nouvelles.

A bientôt j'espère.

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Message par Mathieu le Jeu 24 Sep - 0:48

Bonsoir, merci pour ta réponse Sia. Je te souhaite un prompt rétablissement pour ton dos.

Sur vos conseils, j'ai finalement préféré demander à ma fille quelle forme, elle souhaitait que nous donnions à cette rencontre. Sa réponse m'a surpris : elle préfèrerait qu'il n'y ait pas de réunion de famille du tout. Elle m'a affirmé ne pas vouloir se retrouver face à son frère. Je ne la comprends pas, je pensais que ce serait un moyen pour eux de s'expliquer, de mettre les choses à plat. Mon fils peut se montrer très buté mais je ne comprends pas qu'elle refuse de le voir. Je suis assez désemparé.
Ceci ne concerne pas directement le sujet de ce site, j'en ai bien conscience. Vous m'apportez souvent un éclairage tellement diférent du mien que cela me permet de comprendre les choses d'un point de vue différent.

Plus dans le sujet, ma fille m'a aussi informé du fait qu'elle avait effectivement arrêté puis repris son traitement comme tu le pensais Miho. Je n'ai pas parfaitement compris pourquoi et comme le sujet semblait la géner, je n'ai pas insisté. Il serait question de problèmes de santé. Pourquoi arrêter de prendre des médicaments qui permettent de rester en bonne santé quand on a un problème de santé ? Peut-être ai-je mal compris. Je n'ose pas pousser mes questions.

Je me permets aussi de reposer ma question au sujet de l'ALD. Est-ce automatique ?

Merci et bonne soirée.

Mathieu
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Re: comprendre

Message par Invité le Jeu 24 Sep - 22:13

Mathieu a écrit:Bonsoir, merci pour ta réponse Sia. Je te souhaite un prompt rétablissement pour ton dos.

Sur vos conseils, j'ai finalement préféré demander à ma fille quelle forme, elle souhaitait que nous donnions à cette rencontre. Sa réponse m'a surpris : elle préfèrerait qu'il n'y ait pas de réunion de famille du tout. Elle m'a affirmé ne pas vouloir se retrouver face à son frère. Je ne la comprends pas, je pensais que ce serait un moyen pour eux de s'expliquer, de mettre les choses à plat. Mon fils peut se montrer très buté mais je ne comprends pas qu'elle refuse de le voir. Je suis assez désemparé.


Je comprends que tu te sentes désemparé. Mais, je la comprends aussi.

C'est reparti pour un Miho's life, épisode II: J'ai arrêté de parler à mon père pendant des années. Il avait été très dur avec moi. Il me bouffait psychologiquement. La seule façon pour moi de m'en sortir était de couper les ponts.

Aujourd'hui, nous avons repris des rapports normaux, parce que je suis assez forte pour m'affirmer.

Si elle ne veut pas voir son frère, c'est peut-être parce qu'il a été très violent avec elle.

Mais encore une fois, je n'ai pas de certitudes et te donne des hypothèses pensées d'après ma propre expérience.

Pour être totalement franche, si Encarta lui a tenu des propos similaires -ou plus forts- à ceux qu'il a eus ici, une discussion ne remettra pas grand-chose à plat avec lui. Il est bien trop convaincu de ce qu'il pense, et trop fermé sur lui-même.


Mathieu a écrit:Ceci ne concerne pas directement le sujet de ce site, j'en ai bien conscience. Vous m'apportez souvent un éclairage tellement diférent du mien que cela me permet de comprendre les choses d'un point de vue différent.

Rhââââh, mais arrête avec tes "ohlàlàà, je suis pas dans le sujet! Ta fille est s+, tu te poses des questions sur la maladie, tu es choqué par la nouvelle, la famille aussi, rien de plus normal, et les questions de la famille concernent aussi le VIH. Ce forum est fait pour ça!

De toute façon, Mathieu, si tu es hors-sujet, nous te le dirons. Or, je ne vois pas de pourquoi nous te le dirions ^^

Et puis si ce forum te convient, bah tu y postes, hors-sujet ou pas. 'Y a pas que le VIH dans la vie.

(Par contre, si tu postes pour crier ton amour pour la collection de poignées de porte, là oui, je te conseillerais de chercher des amateurs ailleurs Very Happy )


Mathieu a écrit:Plus dans le sujet, ma fille m'a aussi informé du fait qu'elle avait effectivement arrêté puis repris son traitement comme tu le pensais Miho. Je n'ai pas parfaitement compris pourquoi et comme le sujet semblait la géner, je n'ai pas insisté. Il serait question de problèmes de santé. Pourquoi arrêter de prendre des médicaments qui permettent de rester en bonne santé quand on a un problème de santé ?


Il peut arriver que le traitement ne soit plus bien toléré, alors on fait une pause.

Ensuite, certaines pathologies ne sont pas compatibles avec une tri. Peut-être qu'elle a eu une maladie qui l'a obligée à abandonner le traitement anti-VIH le temps de la soigner.


Mathieu a écrit:Peut-être ai-je mal compris. Je n'ose pas pousser mes questions.

Je me permets aussi de reposer ma question au sujet de l'ALD. Est-ce automatique ?

Pour obtenir l'ALD, soit on en fait la demande soi-même, soit le médecin la fait. Normalement, le médecin est tenu de la faire lui-même.

Mathieu a écrit:Merci et bonne soirée.

De rien, et bonne soirée à toi aussi.

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Invité


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échec

Message par mathieu le Dim 27 Sep - 0:13

Bonsoir,
Au terme de cette première journée, je peux vous informer que notre réunion de famille est un échec complet.
J'ai d'abord été géné Miho par les propos que tu as tenus sur mon fils. Aujourd'hui je comprends ce que tu voulais me faire entendre.

Tous mes enfants s'insultent, refusent de s'écouter, se montrent agressifs et jouent à se montrer plus bêtes qu'ils ne le sont : c'est une catastrophe.
Ma plus jeune fille, celle dont je parle ici, oscille entre le mutisme et la provocation. Elle refuse tout échange et passe le temps qu'elle n'accorde pas à sa mère sur son ordinateur portable. J'en attendais plus d'elle, je trouve qu'elle ne fait pas d'effort pour entendre son frère et ses soeurs. Ils ne sont guère indulgents, il faut le reconnaître.

Elle n'a pas l'air en bonne forme physique, est très pâle, cherche souvent à s'asseoir et ne mange presque pas. Pensez-vous qu'il s'agisse de la maladie ou des médicaments ou d'une simple fatigue ? Je lui ai posé cette question directement et je n'ai obtenu qu'une longue diatribe sur la vie d'une personne séropositive. Je n'ai jamais entendu ma fille parler sur ce ton. Je pense qu'il s'agissait de provocation mais elle avait quand même les larmes aux yeux. Je ne l'ai jamais vue pleurer depuis son enfance. Je ne sais donc pas comment prendre sa réponse : provocation, insolence, fatigue mélée de réalité ?

Je ne peux forcer une trève entre mes enfants. Elle est la seule que je pensais prête à céder. Pourtant, elle s'y refuse et pose des conditions à ses frère et soeurs. Ces conditions sont certes justifiables mais ne me semblent pas absolument nécessaires et il me semble qu'en y mettant un petit peu plus du sien, en ne campant pas ainsi sur ses positions, elle pourrait réellement débloquer les choses. Je ne m'attendais pas à cela de sa part. Pensez-vous que je lui en demande trop ?

Bonne soirée.

mathieu
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Re: comprendre

Message par Invité le Dim 27 Sep - 10:49

mathieu a écrit:Bonsoir,
Au terme de cette première journée, je peux vous informer que notre réunion de famille est un échec complet.
J'ai d'abord été géné Miho par les propos que tu as tenus sur mon fils. Aujourd'hui je comprends ce que tu voulais me faire entendre.

Je suis navrée de ne pas m'être trompée...

mathieu a écrit:Tous mes enfants s'insultent, refusent de s'écouter, se montrent agressifs et jouent à se montrer plus bêtes qu'ils ne le sont : c'est une catastrophe.
Ma plus jeune fille, celle dont je parle ici, oscille entre le mutisme et la provocation. Elle refuse tout échange et passe le temps qu'elle n'accorde pas à sa mère sur son ordinateur portable. J'en attendais plus d'elle, je trouve qu'elle ne fait pas d'effort pour entendre son frère et ses soeurs. Ils ne sont guère indulgents, il faut le reconnaître.

Mais s'ils n'ont rien d'autre à dire que des insultes, comment peut-elle les écouter?

mathieu a écrit:Elle n'a pas l'air en bonne forme physique, est très pâle, cherche souvent à s'asseoir et ne mange presque pas. Pensez-vous qu'il s'agisse de la maladie ou des médicaments ou d'une simple fatigue ? Je lui ai posé cette question directement et je n'ai obtenu qu'une longue diatribe sur la vie d'une personne séropositive.

Je crois que c'est un tout. La maladie, le travail si elle en a un, le traitement, sa maladie découverte et le malaise profond qui s'en est ensuivi... tout joue un rôle dans sa forme. Tu sais, le mental joue énormément. Moi, quand je vais très mal, je suis épuisée même si je ne fais rien, je dors et je ne mange plus.

Peut-être que ce qui s'est passé l'a affectée dans sa santé physique.

Ta fille voit qu'elle perd la famille qu'elle a voulu conserver en taisant sa maladie. Et cela ne doit pas l'aider à se sentir bien dans sa tête, ni dans son corps.

Ceci pour dire que l'état d'esprit est très important dans la façon d'appréhender les choses. On surmonte mieux ses douleurs quand le reste de sa vie tient debout.


mathieu a écrit:Je n'ai jamais entendu ma fille parler sur ce ton. Je pense qu'il s'agissait de provocation mais elle avait quand même les larmes aux yeux. Je ne l'ai jamais vue pleurer depuis son enfance. Je ne sais donc pas comment prendre sa réponse : provocation, insolence, fatigue mélée de réalité ?

Fatigue mêlée de réalité, je pense. Pour les pleurs...

Tu dis que tu ne l'as jamais vue pleurer depuis sa petite enfance. Cela ne veut pourtant pas dire qu'elle ne s'est jamais sentie mal. Juste qu'elle accepte maintenant de montrer ce qu'elle ressent. Ou qu'elle n'a plus l'énergie de sauver les apparences.

Je crois que tu viens de découvrir ce que ma famille a découvert elle aussi. Il se passe une foule de trucs dans la vie des enfants qu'il est impossible de soupçonner, parce que les enfants dissimulent.

Ce n'est pas une question de mensonge, pourtant. Comme je l'ai évoqué en début de discussion, il y a juste des choses qu'on ne peut pas dire.

Peut-être aussi qu'elle en a assez de se cacher, alors elle sort tout d'un coup, en colère d'avoir à faire face à une situation qu'elle n'a pas choisie: la connaissance de sa maladie.

Tu dis aussi que tu ne l'as jamais entendue parler sur ce ton. Je n'en suis pas étonnée, car tu disais avant n'être pas tellement proche de ta fille. J'avoue que je réagis de cette façon avec mon propre père, pour me protéger, et couper court à tout éventuel reproche: "t'es sûre d'avoir pensé tout? Et j'ai lu ça, tu crois pas que tu devrais essayer...?"

Si tu veux te formaliser, dis-lui que tu veux seulement connaître sa situation et comprendre ce qu'elle vit. Et qu'elle peut donc te parler sans ironie ou acidité, tu ne l'interroges pas pour l'attaquer ou remettre en question ses propos. Juste parce que tu t'intéresses à elle. Et que si tu la blesses, tu peux aussi ne plus jamais lui poser de questions.


mathieu a écrit:Je ne peux forcer une trève entre mes enfants. Elle est la seule que je pensais prête à céder. Pourtant, elle s'y refuse et pose des conditions à ses frère et soeurs. Ces conditions sont certes justifiables mais ne me semblent pas absolument nécessaires et il me semble qu'en y mettant un petit peu plus du sien, en ne campant pas ainsi sur ses positions, elle pourrait réellement débloquer les choses. Je ne m'attendais pas à cela de sa part. Pensez-vous que je lui en demande trop ?

Cela dépend. Je ne sais pas en quoi consistent ses conditions.

Si les frères et soeurs bloquent les choses parce qu'ils pensent des conneries sur la maladie, oui, elle a raison de ne pas céder. Elle n'a pas à acheter la paix au prix de la peur stupide et de l'exclusion des siens. Ce serait dégradant pour elle. Et elle a le droit au respect. Si ses frères et soeurs lui manquent de respect en tant que personne parce qu'elle est malade, parce qu'ils ont peur pour eux et leurs enfants, non, je ne vois pas pourquoi elle devrait faire des efforts et encaisser leurs préjugés faux et humiliants sans rien dire, juste pour débloquer la situation.

Si sa fratrie ne veut pas l'accepter avec sa maladie, ni ne veut admettre qu'elle n'est pas dangereuse, il n'y a malheureusement rien à faire.


mathieu a écrit:Bonne soirée.

Bon courage pour la fin de ce week-end.

N'oubliez pas de vous reposer, vous non plus... cela n'a pas dû être de tout repos pour ton épouse et toi.

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Re: comprendre

Message par Sia le Dim 27 Sep - 13:00

Mathieu,

Je suis sincèrement désolée que la réunion se soit mal passée.
Je vais plus ou moins faire doublon avec la réponse de Miho, mais après tout, deux avis valent mieux qu'un...


Elle n'a pas l'air en bonne forme physique, est très pâle, cherche souvent à s'asseoir et ne mange presque pas. Pensez-vous qu'il s'agisse de la maladie ou des médicaments ou d'une simple fatigue ?

Ca peut être chacune des choses que tu as citées, toutes à la fois ou même autre chose.
Si ton repère est la réunion dont tu nous parles, même cette simple réunion de famille suffit à être pâle, ne pas manger et avoir les pattes sciées...
On ne peut pas savoir, on ne peut que supposer.
Elle seule sait où elle en est.


Je ne peux forcer une trève entre mes enfants. Elle est la seule que je pensais prête à céder. Pourtant, elle s'y refuse et pose des conditions à ses frère et soeurs. Ces conditions sont certes justifiables mais ne me semblent pas absolument nécessaires et il me semble qu'en y mettant un petit peu plus du sien, en ne campant pas ainsi sur ses positions, elle pourrait réellement débloquer les choses. Je ne m'attendais pas à cela de sa part. Pensez-vous que je lui en demande trop ?

Lorsque j'ai lu ta réponse; au premier jet, je me suis dit "mais oui, il lui en demande trop".
Puis, je me suis dit comme Miho, "quelles sont ces conditions?".
Tu ne nous as pas vraiment parlé du fond de votre réunion.

Maintenant, à te lire, j'ai le sentiment que tu attends d'elle beaucoup. Qu'attends tu de ses frères et soeurs? Eux qui la jugent, la rejettent, l'excluent parce qu'elle est malade et a osé choisir de le taire.

Je trouve ça d'une rare violence pour elle. Me connaissant, ça aurait été un carnage si j'avais dû me trouver face à ma propre famille qui me traite de la sorte.
Et comme elle, je me serais murée dans le cynisme, une attitude hautaine et méprisante et le rejet en bloc de quelque concession que ce soit.

Elle est toujours leur soeur; la même. Elle est ta fille; la même.

Qu'elle soit malade n'y change rien, qu'elle l'ai tu non plus. Et tu ne peux pas changer vos relations aussi facilement.

Il faudra du temps pour que les esprits se calment et à toi pour "apprivoiser" cette fille que tu connais au fond si peu.

Je comprends bien ta réaction; celle d'un père qui voit un de ses enfants en danger et qui souhaite le sauver. Celle d'un père qui veut que la famille qu'il a fondée reste unie.

Mais tout ce que tu peux dire et faire ne changera pas le fait que tes enfants sont grands, qu'ils se font leur propre opinion, que les années passées loin des autres ne s'effacent pas.

C'est tout à ton honneur, mais le temps est nécessaire pour peut être parvenir à une harmonie.

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Re: comprendre

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